Rapport entre la dynamique sanitaire et les conditions matérielles des emplacements. Le remède aux mortalités hivernales : le « rucher enclos ».
Cher collègues, bonjour
Voici l’histoire d’un apiculteur dans les environs de Reims qui possède 3 ruchers. L’hiver dernier, les deux premiers ruchers situés en plaine, dans des petits bois, ont eu entre 50 et 60% de pertes : une hécatombe. Le troisième a la particularité d’être installé au milieu d’un enclos constitué de quatre murs. Celui ci a eu 1 ruche morte.
Quel apiculteur n’a pas été confronté au problème des mortalités. Quel est celui qui, possédant plusieurs emplacements, n’a pas perçu de grande variation de mortalité entre ceux-ci. Pour ma part, au cours de ma pratique depuis 26 ans avec 550 ruches, je me suis vite aperçu que les pertes hivernales de colonies variaient beaucoup d’un rucher à l’autre, toutes les ruches étant conduites de la même façon. J’ai alors suivi deux voies : la sélection des emplacements et leur aménagement pour le bien être des colonies et leur survie. Pour l’aménagement, j’en suis arrivé à la conclusion que la solution la plus aboutie, qui donne avec le recul des résultats probants: c’est le rucher enclos. Chacun peut l’expérimenter pour se faire son avis.
Pour installer ses ruches, souvent, on cherche un endroit paisible, protégé du regard, et aussi des éléments, par un écran de verdure, mais cette protection naturelle, satisfaisante en apparence, est rarement parfaite. Elle présente en réalité souvent des faiblesses cachées qui se manifestent surtout après la chute des feuilles. Le rôle du rucher enclos est de constituer une seconde enceinte rapprochée, artificielle, qui vient compenser les défauts, petits ou grands, de la première. Il se compose d’un brise vent de 1 m – 1,50 m de haut, qui forme une sorte de palissade à proximité immédiate des ruches (2 – 3 – 4 m) et qui ceinture complètement le rucher de près.
Dans la nature, chaque emplacement est particulier, cependant pour mes ruchers tests, l’effet de ce dispositif léger apparait net et rapide : chute des mortalités hivernales, rendement du rucher sensiblement accru, moins de dépopulations printanières, plus grande régularité entre les ruches, meilleure santé, moins d’agressivité, etc. Le rucher change de visage. Des reines qui ne faisaient rien, retrouvent de la vigueur.
C’est en classant régulièrement mes 24 ruchers de plaine, les uns par rapport aux autres, en fonction de la mortalité hivernale et des récoltes printanières que j’ai pu en mesurer l’impact. En effet, n’ayant rien modifié par ailleurs, après avoir enclos un rucher, j’ai pu constater, par la suite, pour celui-ci, une mortalité hivernale très faible et ceci de manière durable. Ainsi, mon meilleur rucher – enclos - atteint une mortalité hivernale de 1,2% en moyenne annuelle sur 14 ans ; soit 4 ruches mortes, au total, sur les 14 hivers de la période, « l’hiver » allant du 15 septembre au 10 Avril. Cette faible mortalité s’accompagne également, d’une hausse parfois spectaculaire dans le classement pour la récolte de printemps : Un autre rucher est passé ainsi de la vingtième place à la première, après avoir été mis enclos
Il est clair et évident, à la vue de ces résultats qui ne font que recouper de multiples indices et observations recueillies sur le terrain, qu’il y a un lien déterminant entre la dynamique sanitaire et les conditions matérielles des emplacements ; les bonnes pratiques apicoles étant supposées être respectées.
On peut expliquer de tels effets – hors zones de forêts humides – par un principe comparable à celui de la haie. On connait l’effet bénéfique de la haie pour les cultures (D. Soltners : L’Arbre et la Haie). Pour les colonies d’abeilles, il semble qu’il en aille de même avec un degré d’efficacité encore plus élevé. En installant des brises vent qui font le tour du rucher – le tour intégral, étant ce qu’il y a de mieux – on crée au centre, un îlot permanent d’air calme où le mauvais stress hivernal qui tue – vent, froid, air instable –, d’où qu’il vienne, est évacué, neutralisé. Et cela fonctionne très bien. Le rucher s’en trouve dynamisé.
Les abeilles appartiennent au groupe des animaux poïkilothermes, c'est-à-dire des organismes dont la température interne reste dépendante de celle du milieu externe. Elles ne disposent pas d’un milieu intérieur autorégulé comme les vertébrés supérieurs. De ce fait, elles sont sensibles au climat, à tout ce qui peut refroidir ou réchauffer. Le rucher enclos fait office de milieu intérieur favorable pour l’ensemble des ruches qui intègrent le rucher.
En effet, il convient de faire attention à tout flux d’air, même extérieur à la ruche, qui viendrait soustraire les calories que les abeilles émettent l’hiver pour élever la température à l’intérieur de la colonie, car si cela se produit de façon continu, celle ci va s’épuiser et dépérir. Dans ces conditions, peuvent se produire les phénomènes d’affaiblissement et d’effondrement des colonies.
C’est en quelque sorte le contraire du moteur électrique où pour éviter qu’il chauffe, on lui adjoint un petit ventilateur à l’arrière, pour le refroidir.
Bien sûr, ce n’est pas de la haute technologie. En pratique, des filets brise-vent semi perméables, ou des filets brise vue, font l’affaire. On peut également procéder avec des palettes en bois dressées (effets moins garanti) ou encore mixer tout cela.
Ces aménagements, réalisés avec méthode, permettent de parfaire les défenses naturelles, de niveaux très variables selon les emplacements ; ces variations pouvant expliquer, en partie, les grands écarts de mortalités entre ruchers parfois voisins. On connait d’autres exemples de cette démarche : les ruchers couverts en montagne, les ruchers traditionnels dans les murs en pierre exposés au soleil du midi et abrités des vents du nord, etc. (1). Ce n’est que de l’écologie appliquée ou, en d’autres mots, le sens de la nature. On ne peut plus travailler sans filet et prendre des risques pour traverser la mauvaise saison en espérant que les choses se passent bien et, si on a manqué de chance, pleurer ses pertes et incriminer la terre entière.
Il vaut mieux réduire les mortalités que d’avoir à remonter son cheptel en achetant des essaims. Le concept de rucher enclos, relativement simple à mettre en œuvre, est un nouvel outil qui peut aider concrètement à faire d’une part, de fortes économies de mortalité et d’autres part, à améliorer l’état général des ruches reléguées aujourd’hui par la vie moderne, dans les rebus du territoire. Le surcroit de vitalité qui en découle pour les ruches, est surtout visible dans les zones hors vallée, plus froide et tardive. Bien sûr, il ne dispense pas de tous les autres soins de base. Les aides en ce sens, sont les bienvenues.
Avec le rucher enclos, l’apiculture dispose d’un nouvel outil qui s’avère de premier plan, pour toute lutte véritable contre les surmortalités et dénouer la crise.
Il est du rôle de toute association de développement apicole de soutenir la recherche de solutions efficace contre les mortalités qui restent un problème majeur. Je propose que, dans un premier
temps, l’ADAEST préoccupé par ces questions, en relation avec le CNDA, suive et centralise les informations provenant des expériences de défense contre les mortalités afin de pouvoir produire,
à terme un travail de synthèse qui fasse le point sur le sujet. Ce travail, dans le cadre d’une recherche multifactorielle voulu par le rapport parlementaire rédigé par Martial Saddier,
pourrait être retenu et supervisé par le futur comité opérationnel sur l’abeille, chargé de définir les programmes de recherche pour abaisser la mortalité des pollinisateurs.
Pour le projet de recherche, il s’agit d’étudier et approfondir le rapport entre dynamique sanitaire et conditions matérielles dans lesquelles se trouvent les ruches. On peut imaginer deux types d’expérience.
1 – Comparer sur le terrain comme je l’ai fait, des ruchers enclos avec des ruchers non enclos. Noter l’état du rucher avant, après, etc.
2 – Expériences en laboratoire menées par une équipe pluridisciplinaire comprenant outre des spécialistes apicoles, des spécialistes des fluides et des thermodynamiciens:
1 – On place une première série de ruche dans une atmosphère calme, sans flux d’air, à une température donné. On répète l’expérience avec des températures de plus en plus basses pouvant atteindre - 20°, durant une période plus ou moins longue allant jusqu’à plus d’un Mois.
2 – On prend une autre série de ruches dans les mêmes conditions de température, de nourrissement, de durée, etc., et on expose l’extérieur des ruches à un flux d’air continu. On renouvelle ces expériences avec des souffles d’intensités de plus en plus forts jusqu’à plusieurs dizaines de Km/h. On peut faire varier également le taux d’hygrométrie. Et on regarde l’état des colonies à la fin !
Ces expériences en laboratoire, dont quelques pistes sont données ici à titre indicatif, devraient permettre d’établir, de manière formelle, le lien entre dynamique sanitaire et conditions matérielles des emplacements et également les seuils à partir desquels se produisent les syndromes d’effondrement. Toutes les ruches du monde passant leur vie en plein air, dans la nature, on comprend bien la portée universelle de cette recherche en matière d’apiculture. C’est tout un domaine de l’apiculture qu’il convient d’éclaircir afin de faire la lumière sur cette ténébreuse question de mortalité qui handicape la profession. Cela relève du travail de scientifique dont je ne suis.
Cependant, sans attendre, vous pouvez, chers collègues désirant avancer et ayant envie d’expérimenter, commencer ces essais sur le terrain. Dans ce cas, pourriez-vous retourner, si vous le
souhaitez, vos observations au 03 26 21 31 30. Merci.
Les liens : http://www.apimarne.fr/ et http://www.lesruchersdargonne.com/avril_2009.htm
new : 09 05 2009 : Article très intéressant de ApiDelecroix
http://apid.over-blog.com/article-30411273.html
Objectif : Vérifier que la ruchette créée le 18 04 2009 ait créée des cellules royales si possible operculées.
Temps couvert et 13 C° à 9 heure. Nettement plus chaud à 10 H00.
Pour rappel, sans reine, pas d'oeuf,
pas d'oeuf; pas d'abeilles;
pas d'abeilles; pas de miel !
Ouvrir délicatement la ruchette en fumant peu.
Commencer par le cadre exterieur.
Le secouer afin de faire tomber les abeilles au fond de la ruchette
Puis mettre de coté ce cadre.
Continuer jusqu'a trouver des cellules de royales
En voila quelques une (coté gauche du cadre au niveau du fil du milieu)
D'autres mieux visibles (les cellules royales ressemblent à de petites morilles)
Compte tenu du nombre de cellules royales operculées et de la vigueur de cette ruchette nous en profitons pour diviser à nouveau.
Dans une ruchette on introduit :
- 1 cadre de cellule royales operculées
- 1 cadre de miel
Idéalement il faudrait 3 ou 4 cadre de miel.
Pour pallier à ce problème on va remplir
- 1 cadre ciré par les abeilles de sirop (des 2 cotés).
Attention, ca coule un peu parout
Le cadre de sirop est glissé dans la ruchette puis on complète avec :
- des cadres neufs avec feuille de cire.
Puis on transvase une bonne partie des abeilles :
Objectif : Marquer la reine afin de la trouver plus facilement lors des prochaines visites.
Matériel : 1 corp de ruche, 1 grille à reine, 1 hausse, 1 pince à reine, 1 "piège à reine" (a vérif), 1 stylo de type "blanco" à
l'eau (ou encore de la peinture non toxique utiliée dans les maternelles).
Cette manipulation se réalise sur les reines en ponte généralement au printemps avant le partage des ruches par exemple.
Il est pratique de marquer les reines afin :
- de les identifier plus faciement lors des vistes
- connaitre l'age des reines
A chaque année une couleur :
- 0 et 5 : bleu
- 1 et 6 : blanc
- 2 et 7 : jaune
- 3 et 8 : rouge
- 4 et 9 : vert
Une reine née en 2009 sera marquée en vert
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- Glisser une grille à reine entre le corp d'une ruche et une hausse
- Vider les cadres de la ruche sur la grille à reine. Les abeilles vont descendre dans la ruche. la reine va rester piégée sur la grille à reine.
Attraper la reine avec la "pince à reine"
Transferer la reine dans "le piège à reine"
Certains pratiquent cette opération en attrapant la reine avec les doigts
Attention à ne pas la faire tomber ...
Faire remonter la reine grace au bout de mousse et la bloquer ... délicatement.
Il ne reste plus qu'a marquer la reine
Déposer la reine sur un cadre de la ruche en vérifiant qu'elle se fait accépter
Et voila le travail !